
Le dariolage est une technique de chant ancestral pratiquée par les paysans pour la conduite des bovins lors du labour de leurs champs. Par des variations d'intonation et des inflexions vocales, les « darioleurs » s'adressaient à leurs bêtes de trait et leur indiquaient notamment le rythme et les directions à suivre.
Jean-François Vrod, interprète reconnu de violon traditionnel en France, attribue au dariolage les caractéristiques des chants longs tels que Béla Bartók, l'un des fondateurs de l'ethnomusicologie, les a définis : « Mélopée ornée, coupée de gloussements semblable à des sanglots et librement construite à l'aide d'un jeu de formules mélodiques invariables : intonation lancée à pleine voix, corde récitative, vocalise tournant obstinément autour d'un son central, finale plusieurs fois répétée. Le terme « long » sous entend une forme asymétrique, improvisée, ouverte » .
Dans les villages on reconnaissait la voix du darioleur "tiens, untel part aux labours", ces hommes étaient de véritables chanteurs, ils se livraient à des démonstrations d'un champ à l'autre et se répondaient. Tout simplement, le dariolage était un art de vivre.
Joseph Grolleau, darioleur, le décrit ainsi :
"Ce chant singulier, égréné sur des voyelles et chanté par chaque laboureur sur un air personnel accompagné des cris et chants d'oiseaux animent tout l'environnement, même les geais imitent parfaitement cette mélodie.
C'est toute une atmosphère qui règne dans la campagne, atmosphère de labeur et en même temps d'harmonie et d'équilibre, un certain bonheur de vivre, tout simplement. »
Juin 2010, le dariolage passe sur TF1..Pardonnez Jean-Pierre Pernaud qui a confondu Chantonnay et La Châtaigneraie..
http://videos.tf1.fr/jt-13h/le-dariolage-sauve-par-des-passionnes-de-chants-ancestraux-5866971.html

Si d'autres formes relevant de l'éthologie sont relevées de part le monde (yodle en Bavière et Tyrol, les horovels en Azerbaïdjan, chant de labour des femmes en Côte d'Ivoire, etc…), pour les pays francophones on peut rapprocher du dariolage, le chant charri en Guadeloupe, le baotage en Haute-Bretagne.. Comparables, pour leur fonction de dressage et de gestion au travail forcé, citons, seulement ayant existés dans le centre de la France, le briolage en Berry (décrit par Georges Sand dans "la mare au diable") , le thiaulage en Morvan, le chant de labour dans le Limousin…
Selon les spécialistes consultés, aucun porteur du phénomène peut aujourd'hui témoigner. La survivance à travers les porteurs directs de cette usage du dariolage est spécifique à un territoire restreint, délimité par les Mauges et la Gâtine au Nord et à l'Est, à Chantonnay et Fontenay-le-Comte à l'Ouest et au Sud :
Cette technique était très probablement employée dès le XIIIe siècle, et s'est maintenue jusqu'à la disparition des bœufs de trait au profit des tracteurs agricoles au milieu du XXe siècle.

Conscient de la valeur culturel, artistique et scientifique de cette pratique, la Communauté de Communes a entrepris plusieurs actions : une collecte de témoignages et d'enregistrements avec l'Office du Patrimoine Culturel Immatériel (OPCI), un colloque sur le chant de labour de plein air dont les actes ont été remis le dimanche 9 octobre 2011 au Moulin Migné de Cheffois, des conférences, et en août 2012 un festival autour de la voix et de ses différentes techniques.
Pour se procurer l'ouvrage :
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=35995
Ou dès le mois de mars 2012 à l'office de tourisme de La Châtaigneraie.
L'association Dariolage créée récemment en juin 2009 réunit une dizaine de témoins directs darioleurs en plus de personnes convaincues de l'intérêt de sauvegarde que représente ce chant.Ils entreprennent des démonstrations, élèvent des boeufs dans la tradition du dariolage, donnent des cours...La transmission est en route.
L'Association Arexcpo-Ethnodoc reste un partenaire privilégié dans cette démarche. (http://arexcpo.envendee.free.fr)
La reconnaissance de ce savoir-faire atypique conduira peut-être un jour le dariolage sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO...à suivre ! 